Crise économique: « Vitré ? Pas sans nous » interpelle, la députée, Christine Cloarec- Le Nabour sur ses choix, via une lettre ouverte !

Crise économique: « Vitré ? Pas sans nous » interpelle, la députée, Christine Cloarec- Le Nabour sur ses choix, via une lettre ouverte !

Lettre ouverte à Madame Christine Cloarec-Le Nabour, députée de la 5ème circonscription d’Ille-et-Vilaine

 

Vitré, le 26 avril 2020

 

Madame la Députée,

 

L’assemblée nationale a voté, en première lecture le 17 avril dernier, les mesures du deuxième budget rectificatif 2020 pour répondre à la crise économique engendrée par l’épidémie du Covid-19 . Vous avez voté ce texte de loi n° 2820.

 

Ce texte prévoit, entre autres, de porter à 24 milliards d’euros le financement du chômage partiel et de financer un fonds de 20 milliards d’euros qui permettra des montées au capital de certaines entreprises ou d’éventuelles nationalisations temporaires. 20 entreprises seraient concernées par cette dernière mesure, notamment dans l’aéronautique et l’automobile.

 

Le chômage partiel est une nécessité absolue pour venir en aide aux salariés qui ont dû arrêter de travailler face au coronavirus. Il permet également aux salariés d’éviter de prendre des risques et limite ainsi la propagation de l’épidémie.

 

Par contre, financer par le chômage partiel des entreprises qui versent des dividendes, même diminués, à leurs actionnaires, ne nous paraît pas acceptable. Dans ces cas de figures, l’État fait appel à la solidarité et à notre système social pour des entreprises qui, elles, privatisent leurs profits et prennent des risques financiers pour les mois à venir.

 

Nous ne citerons que les cas les plus scandaleux : Publicis, Capgemini, Vivendi ou Michelin. Vivendi va même jusqu’à envisager le rachat de ses propres actions en vue de les annuler. Mais voilà, rien n’est prévu pour empêcher de telles incivilités : l’État donne, alors pourquoi se gêner !

 

Ces entreprises ne sont-elles pas en décalage avec les déclarations du Président de la République quand celui-ci déclare le 13 avril : « notre Nation se tient debout, solidaire, dans un but commun » ou encore « Nous voilà tous solidaires, fraternels, unis, concitoyens d’un pays qui fait face » ?

 

La solidarité ne semble pas faire partie des valeurs de ces entreprises.Mais pourquoi encouragez-vous cette situation par votre vote, alors que vous pouvez agir en proposant un amendement qui interdirait la distribution de dividendes pendant la crise sanitaire ?

 

Concernant les 20 milliards qui seront injectés dans une vingtaine d’entreprises, il s’agit d’entrer ou d’augmenter la participation de l’État au capital d’entreprises jugées stratégiques, afin de permettre leur survie ou la relance de leur activité.

 

Cette intervention de l’État est fondamentale. Mais, l’État a ici une exceptionnelle occasion d’exiger des contreparties sociales et environnementales : il investit quand plus personne ne souhaite investir, il prend le risque de perdre une partie des sommes injectées, il fait des choix de financement (et donc d’endettement) délicats, quand d’autres besoins sont criants sur les plans social et environnemental. Les entreprises concernées n’auront – dans leur situation – pas d’autre choix que d’accepter. Pourtant, le budget rectificatif n’exige pas de contreparties.

 

Nous sommes à un tournant de notre existence entre cette crise sanitaire et les crises climatiques ou environnementales à venir, et vous ne semblez pas vouloir saisir cette opportunité rarissime d’exiger des entreprises que l’État va aider, de mettre en place des mesures sociales et environnementales contraignantes. L’amendement du groupe LREM qui demande aux entreprises aidées par l’Etat « d’intégrer des objectifs de responsabilité sociale, sociétale et environnementale dans leur stratégie, notamment en matière de lutte contre le changement climatique et de respect de l’Accord de Paris » n’apporte pas la réponse espérée. Il n’est aucunement contraignant.

 

Pourquoi avez-vous voté cette loi alors que vous savez que l’expression d’objectifs par les entreprises elles-mêmes relève de la déclaration d’intentions et n’aura aucune efficacité environnementale ou climatique ?

 

Sur le plan international, le ministre des finances danois a conditionné les aides de l’État au non versement de dividendes, et aussi à une non-présence dans les paradis fiscaux tels que définis par l’Union Européenne. La Pologne en a fait de même.

 

Dans l’attente de votre réponse à nos interrogations, veuillez agréer, Madame la Députée, nos salutations respectueuses.

 

Le collectif « Vitré ? Pas Sans Nous ! »    

contact@vitrepassansnous.fr